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Pourquoi certaines agences d'architecture n'arrivent pas à accéder à la commande publique française ?

Un jeune architecte, après sept ans d'exercice dont 250 candidatures à des appels d'offres (A.O) en trois ans, quelques références à l'étranger, explique dans une demande ouverte datée du 19 février 2013 : “nous avons reçu 238 réponses négatives, nous n'avons jamais été sélectionnés pour concourir en France“, et constate désabusé : “Or il est très courant de voir les mêmes noms d'architectes, jeunes ou moins jeunes, sortir et ressortir... Il est vrai que les agences de tailles importantes candidatent plus souvent, leur force financière  permettant  d'amortir beaucoup plus facilement les couts de réponses aux AO... Elles sont connues dans les services, elles sont sympathiques, compétentes, elles rassurent. Pourtant depuis que nous existons (2005) nous avons vu plusieurs jeunes agences émerger et construire. Pourquoi pas nous ? Quelle en est la raison ?“ fin de citation.


Réponse

Au delà d'un clientélisme local, réel en France, les causes sont simples à énumérer. Elles se résument en quatre points

1°) Sortir du dialogue de sourds

Apprenez à jouer collectif : A quoi servent les médias d'architecture ? Commencez-donc par vous abonner pour analyser (et non copier,) le pourquoi et le comment de ce qui se fait réellement, allez à Venise au moment de la Biennale... bref immergez-vous dans la réalité complexe et mouvante de l'architecture.

2°) Ne pas confondre esthétisme et architecture.

La première question est bien entendu de s'interroger de ce que la Société attend d'une agence d'architecture. Le client public n'est pas toujours un démiurge explorateur, mais souvent le représentant d'une personne physique ou morale confrontée à la gestion d'un risque pour lequel elle n'a pas été formée, mais dont elle devra rendre des comptes. Outre

le risque financier dans une société contrainte (l'architecte qui ne tient pas la route,) le risque politique (l'architecte qui ne saura pas faire autorité auprès des différents interlocuteurs,) le risque esthétique, (les goûts et les couleurs sont étrangement labellisés de nos jours.) Bref ! supprimer le risque sera le maître mot du maître d'ouvrage, lui aussi joue sa place. L'accès aux premières commandes publiques passe donc par la capacité à rassurer un maître d'ouvrage....et les clients, ou donneurs d'ordre, de ce même maître d'ouvrage.

 3°) Répondre aux questions posées

Cette même commande publique française, aujourd'hui en cure d'amaigrissement,  n'attend rien de plus que la reproduction d'un convenu ordinaire patiné d'un air du temps. Rien ne sert de courir après l'audace, surtout si elle est gratuite. L'architecte, qui veut accéder à la commande publique, doit donc savoir exprimer le sens de la mesure, ce qui n'exclut pas l'intelligence, bien au contraire, mais savoir exprimer son art de façon indicible parfois. Le challenge est donc de concilier l'attendu (du client) qui ne soit pas trop attendu tout de même, et satisfasse à ses propres attentes. L'architecture est un art difficile qui se maîtrise progressivement... en l'espace d'une vie. Les Gehry, les Hadid, ont pris leur temps, ne se sont pas dispersés, et surtout eurent la chance de se trouver, un jour, à un moment précis à la conjonction entre angoisse existentielle d'une Société et expressionnisme particulièrement fleurissant de leur art, ils ont eu beaucoup de chance... mais ce n'est pas la règle ! C'était à une époque donnée, non reproductible aujourd'hui.

Aujourd'hui les questions posées sont l'urgence, la décroissance occidentale, ainsi que la prise en compte de la fragilité environnementale. Il faut s'inscrire dans les questions de son époque, et les choses évoluent vite ! 

4°) le nombrilisme c'est fini !

Cette disparition esthétique est aujourd'hui une nouvelle donne, dont les jeunes équipes se doivent d'interroger et de s'interroger elles mêmes sur les services réelles qu'elle rendent à la Société. Ce qu'elles donnent aux autres, (en clair les problèmes de Société qu'elles résolvent vraiment,) et non pas imiter ce que prirent égoïstement les soixante-huitards à la Société. 

Le rêve, l'utopie d'aujourd'hui c'est bien de sauvegarder la dignité de chacun, et non plus d'exprimer la vanité du plus fort ; c'est que chacun apprenne à lire.... et non plus d'édifier de vaniteuses très grandes bibliothèques obsolètes et ridicules coquilles vides, véritables fardeaux fantomatiques échoués dans la Capitale des vanités

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